Quelles conséquences le Brexit va-t-il-avoir sur le e-commerce ?

Le regard de l'expert

Vous possédez un magasin en ligne et, depuis qu’il a été voté outre-Manche, vous vous interrogez : le Brexit, qui sera effectif dans un an, ça va changer quoi ? Tentative de réponse.

Le Royaume-Uni se retirera de l’Union Européenne le 29 mars 2019. Autrement dit, demain. Et cela ne sera pas sans conséquence sur l’e-commerce. Il y aura un vrai Brexit digital. A cela, plusieurs raisons :

 

Le retour des droits de douane

En devenant un état tiers, le Royaume-Uni ne bénéficiera plus de l’accès sans restriction à l’Union Européenne. Ce qui signifie le retour des droits de douane qui impacteront toutes les sociétés exportant leurs produits vers le Royaume-Uni. En d’autres termes, si vous possédez une boutique de vêtement en ligne et qu’un Anglais souhaite acheter l’un de vos modèles, il devra payer des droits de douane en plus de diverses autres taxes. Or, c’est mathématique : parce que cela lui reviendra plus cher, il y a fort à parier que ce client préfèrera finalement « consommer » local.

 

Des coûts d’exportation élevés

De votre côté, vous devrez payer des coûts d’exportation à chaque fois qu’un client domicilié au Royaume-Uni passera commande sur votre site. Ce qui vous obligera à augmenter vos prix. Le Brexit va donc rendre le e-commerce français et européen moins attractif.

 

Le problème de la protection des données

Le 25 mai 2018 le RGPD, ou « Règlement Général sur la Protection des Données »est entré en vigueur. Son objectif : harmoniser les réglementations concernant les données dans l’Union Européenne. Oui mais voilà, en sortant de l’UE, le Royaume-Uni aura sans doute droit à une réglementation spécifique. Ce qui, après le casse-tête qu’aura été votre mise en conformité avec le RGPD, risque de vous donner encore beaucoup de fil à retordre !

 

Certifications, normes… tout risque de changer !

Les normes européennes, qu’elles soient environnementales, sanitaires ou encore techniques, pourraient devenir caduques. Or, si vous vendez des denrées alimentaires par exemple, rien ne dit que vous ne devrez pas obtenir de nouvelles autorisations pour pouvoir continuer à exporter vos produits outre-Manche…

 

Les questions à vous poser

Dès que les accords décidant des conséquences du Brexit sur la relation entre le Royaume-Uni et l’UE seront connus, il vous faudra analyser en profondeur l’intérêt du marché britannique pour votre activité et, surtout, vous poser LA question : êtes-vous prêts à payer des frais administratifs supplémentaires et vous confronter à des barrières bureaucratiques pour continuer à vendre vos produits outre-manche ?

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